Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 12:00

 

CLAUDE-PARENT-DEMAIN-LA-TERRE.jpg

 

En décembre 2010, Manuella éditions et bétonetobjets présentaient le tirage de tête de Demain, la Terre… de Claude Parent. L’occasion se présente à nous aujourd’hui de vous parler de cette réalisation qui nous tient particulièrement  à cœur.


La joie / coffret Claude Parent / photographie M. T-Heyman

Photographie M .T-Heyman

 « La Joie ».C’est le titre du dessin de Claude Parent, reproduit sur la face de « l’étui ».  

 

Un éditeur parlerait de coffret. Mais quand le livre Demain, la Terre… de Claude Parent est enchâssé dans son « étui » en Ultrabéton®, c’est bien d’une sculpture dont il s’agit.


L’Ultrabéton® est un matériau de haute technologie utilisé dans la construction. Ses performances techniques, notamment sa résistance, sa malléabilité, sa fluidité et sa ductalité-permettent de réaliser des formes complexes de très faible épaisseur et en font un matériau idéal pour des applications dans le domaine du design et de l’art. 

 

Marie Garnier, designer, fut à l’origine des esquisses et du projet papier. Elle s’est inspirée de la ligne de pensée et des concepts de Claude Parent pour imaginer ce coffret et lui rendre hommage. 

 

Pour réaliser cet « étui »/sculpture, l’équipe de bétonetobjets a mis ses compétences industrielles  au service de méthodes de production totalement expérimentales et artisanales. Car la forme évidée de cet objet en Ultrabéton® est un défi qui repousse les limites techniques de ce matériau nouveau.

 

équipe technique et finissage du n° 0/ Remi Manuel - Gregory Raphael - Didier Comelli

 Rémi Manuel assisté entre autre de Gregory Raphael a mené à bien la réalisation technique.

Démoulage et finissage du numéro zéro en présence de M. Comelli.

 

Obliques et verticales, papier et minéral s’harmonisent, dans un jeu subtil de textures, de teintes, d’ombre et de lumière, pour former un objet d’artiste, dont chaque exemplaire est unique.

Cette sculpture rend hommage à l’architecte maître de l’oblique et à ses dessins utopistes. 

 

Les éditions Manuella présentent ce livre et ce projet dans leur catalogue, accessible ici sur leur site internet et annoncent une exposition :


« Claude Parent » à la Galerie Esther Schipper à Berlin du 29 janvier 2012 au 29 février 2012

Demain la terre / présentation des éditions Manuella

      CLAUDE PARENT DEMAIN LA TERRE/ photographie M. T-Heyman

 

Photographie M .T-Heyman

Claude Parent dessinant.




Quelques pistes pour vous informer sur l’oeuvre de Claude Parent :

- sa page wikipédia

- sa page de l’académie des beaux-arts 

- un portfolio sonore sur le site lemonde.fr

 

La cité de l’architecture et du patrimoine nous propose de nombreuses ressources utiles, par exemple :

 - sa page dans l’exposition virtuelle « portraits d’architectes »

- les documents le concernant sur le portail documentaire

- les documents le concernant dans les archives « archiwebture »

 

 

 


 

Par betonetobjets - Publié dans : architecture
Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 10:17

 

PontGardTrutat.jpg

 

« Une ville où l’on risque fort, une fois entré, d’oublier tout ce qu’on a laissé dehors. » C’est ainsi que le géographe grec Strabon décrivait la ville des Césars à ses lecteurs au ie siècle après J.-C.  Rome devait en effet créer une impression forte sur le visiteur grec : ici, point de ces maisons de fortune, creusées dans le roc, caractéristiques des quartiers populaires d’Athènes, ni de ces ruelles tortueuses et étroites qui traversaient les villes grecques. Architecturalement, Rome était basée sur un fonctionnement urbanistique à l’intelligence éprouvée : des rues larges, permettant aux commerces de disposer leurs étals et des insulae, sortes d’HLM avant l’heure pouvant loger les familles moyennes sur plusieurs étages.


Il est bien connu que les Romains, contrairement aux Grecs, ne possédaient pas de mythologie. La seule divinité qui fût digne de leur adulation, c’était l’urbs, la ville. Une divinité vivante, vibrante, « de fureur, de cris et de fumée » (Horace). Ce sont donc les Romains qui mirent au point, au iie siècle avant J.-C., la technique de l’opus caementicium consistant à insérer entre deux parements des matériaux divers noyés dans du ciment, et que l’on peut considérer comme l’ancêtre de notre béton.

 

 

Le béton : une question d’identité nationale !

 

Si les Romains inventèrent la technique du béton, c’est autant pour faire face à la surpopulation qui, suite notamment aux guerres contre Carthage (iie siècle avant J.-C.), frappa la ville, que pour se démarquer de l’architecture grecque. Le siècle de Périclès (ve siècle avant J.-C.) avait en effet posé, à Athènes, les bases d’un type d’architecture nouveau, reposant essentiellement sur l’usage de blocs de pierre et sur une structure linéaire et angulaire, dont le chef-d’œuvre est certainement le Parthénon, bâti entre 449 et 438 avant J.-C.


BasiliqueMaxConstantin.jpg L’invention de l’opus caementicium permit donc aux Italiens de s’affranchir des règles grecques – ce qui était toujours une préoccupation de taille pour les Romains. En inventant le béton, ils donnaient à leur ville une personnalité propre. La solidité de l’opus caementicium permettait en effet de recourir à des formes architecturales jusqu’alors inédites : l’arc et la voûte. C’est ce que les historiens ont appelé la révolution architecturale romaine. On trouve un bel exemple de ces gigantesques voûtes, caractéristiques de l’esprit romain, dans la Basilique de Maxence et Constantin, construction tardive dénotant une maîtrise parfaite de ces techniques à l’aube du ive siècle après J.-C.


C’est également sur ce système de voûtes que repose le plus pur symbole de la culture et de la domination technique de la civilisation romaine (œuvre de propagande au même titre que le furent les grandes cathédrales de la chrétienté médiévale) : l’aqueduc.


L’aqueduc, c’est, au fond, le temple que les Romains bâtirent à la gloire de leur propre génie.

 PontGard

 

Le rêve des promoteurs

 

Mais l’opus caementicium, outre ces raisons propagandistes et identitaires, proposait un grand nombre d’avantages urbanistiques. D’une part, sa solidité permettait de loger un grand nombre de personnes (les murs romains ont traversé les âges et nous sont parvenus). D’autre part, l’opus caementicium ne nécessitait pas de main-d’œuvre spécialisée. N’importe quel esclave pouvait faire l’affaire, ce qui représentait pour les « promoteurs » de l’époque un indéniable gain de temps et d’argent. Enfin, les matériaux entrant dans la composition de l’opus caementicium étaient souvent de récupération, ce qui cadre bien avec l’esprit, pragmatique au possible, des Romains.


Lorsque, au ie siècle après J.-C., la ville fut partiellement détruite par le célèbre « grand incendie », Néron proposa donc de recourir massivement à l’usage du béton pour la rebâtir. Il gagnait ainsi en efficacité, en temps, en argent, et en sécurité. Le tyran n’était peut-être pas si fou…

 

 

Un chef-d’œuvre de l’architecture romaine : le Panthéon

 

pantheonGal.jpgMais l’opus caementicium ne fut pas utilisé par les Romains que pour son intérêt pratique. Très rapidement, les perspectives artistiques qu’offrait une telle technique ne manquèrent pas d’intéresser les architectes. Visuellement, l’invention de l’arc et de la voûte fut une avancée considérable : les bâtiments, même officiels, se libéraient du diktat de la ligne droite et se paraient d’une structure rythmique plus libre. L’exemple le plus évident de ce renouveau artistique est bien entendu le Panthéon de Rome, bâti par Hadrien vers 126 après J.-C.


pantheonExt.jpgCe bâtiment présente tout d’abord un vestibule d’inspiration grecque (un pronaos) : basé sur de grandes dynamiques rectilignes. Seize imposantes colonnes corinthiennes supportent l’ensemble du portique. À ce pronaos fait suite une cella circulaire qui frappe par son élégance et sa simplicité : les poids sont entièrement répartis sur les murs de la rotonde et la pièce centrale est surmontée d’une coupole trouée en son centre, figurant la voûte stellaire. La prouesse architecturale que représente le Panthéon n’aurait en aucun cas pu être possible sans l’utilisation de l’opus caementicium, qui permet plus de liberté dans la répartition des poids.


pantheonInt.jpgLa coupole qui surmonte le bâtiment possède un diamètre de 150 pieds romains (un peu plus de 43 m) et une hauteur parfaitement égale. Elle est percée d’un oculus (œil) permettant de laisser passer la lumière et d’observer, sur les murs de la cella, le parcours du soleil. De nombreux effets de perspective ajoutent à la beauté et à l’élégance architecturale du bâtiment.

 

Chef d’œuvre de construction, le Panthéon représente à lui seul l’esprit romain. Il est une illustration de ce à quoi les Romains veulent croire : la conciliation harmonieuse des courbes et des droites, des idées anciennes et nouvelles, des mentalités et des cultures dans un idéal commun. Projet artistique, politique et philosophique qu’il apparut important d’inscrire dans les murs de la ville et qui n’aurait sans doute pas pu être matérialisé sans l’invention du béton.

 

 


Les deux premières illustrations sont du photographe Eugène Trutat  (Pont du Gard et vestiges de la basilique de Maxence et de Constantin à Rome). Elles appartiennent à la bibliothèque municipale de Toulouse: link et link. Les autres illustrations appartiennent à la BNF et proviennent du site Galica. Toutes relèvent du domaine public.

 


 

 

Pour explorer le sujet :

 

Sur le web

 

 

Si vous voulez consulter une page Wikipedia sur ce sujet, nous vous recommandons plutôt la version anglo-saxonne, plus complete: http://en.wikipedia.org/wiki/Roman_concrete

 

Un site dédié au sujet (en anglais) : http://www.romanconcrete.com/index.htm

 

Sur le site de l’Institut Géopolymère, l’article: « Ciment et béton romain haute performance, bâtiment durable et résistant ». http://www.geopolymer.org/fr/archeologie/ciment-romain/ciment-et-beton-romain-haute-performance-batiment-durable-et-resistant

 

L’ouvrage de Vitruve accessible en ligne: « De l’architecture ». Le livre second traite plus particulièrement des différents matériaux, dont la pouzzolane. http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/index.htm

 

Le site du Pont du Gard et de l’aqueduc romain de Nïmes propose des ressources et fiches pédagogiques sur les techniques de construction romaine, destinés aux élèves et enseignants. http://www.pontdugard.fr/page.php?m=13_3

 

 

 Bibliographie

 

Adam, Jean-Pierre. La construction romaine: matériaux et techniques. 6e éd.Paris: Picard, 2011, 367p. (Grands manuels Picard). ISBN 9782708408982 

 

Choisy Auguste. L’Art de bâtir chez les Romains. Paris: Ducher, 1873, 216p. En ligne ici 

 

Cowan, Henry J.. « An historical note on concrete ». Architectural Science Review, 1975, 18 (1): 10-13. doi:10.1080/00038628.1975.9696342.


Conti C., Martines G. and Sinopoli A. Construction techniques of Roman vaults: "Opus caementicium” and The Octagonal Dome of the Domus Aurea, in: K.-E. Kurrer, W. Lorenz, V. Wetzk (eds.), Proceedings of the Third International Congress on Construction History, Cottbus, 20-24 May 2009, Berlin, 2009, vol.1, p.401-08.     En ligne ici.

Cowan, HJ. « A history of masonry and concrete domes in building construction ». Building and Environment, 1977, 12 (1): 1-24. doi:10.1016/0360-1323(77)90002-6.

 

Lancaster, Lynne C. Concrete Vaulted Construction In Imperial Rome: Innovations In Context. Cambridge: Cambridge University Press, 2005, 296p. ISBN 0521842026

 

Malacrino, Carmelo G.. Constructing the Ancient world: architectural techniques of the Greeks and Romans. Getty Publications, 2010, 220p. ISBN 9781606060162  Consultable ici 

 

Siddall, Ruth. « The use of volcaniclastic material in Roman hydraulic concretes: a brief review ». Geological Society, London, Special Publications , 2000, 171 (1) (janvier 1): 339 -344. doi:10.1144/GSL.SP.2000.171.01.24.


Sinopoli A., Basili M, and Esposito D. Construction techniques of Roman vaults and opus caementicium: the case of Lupo and St. Gregory's Bridges, in: Arch'10, 6th international conference on Arch Bridges. Fuzhou, 11-13 October 2010, p.319-325.  Consultable ici

 

Vitruve. De l’architecture Livre 2. Cuf Latine. Paris: Belles Lettres, 2004.

 

Ward-Perkins, John Bryan. Architecture romaine. Paris: Gallimard Electra, 1994, 205p. (Histoire de l’architecture). ISBN 9782070150151


Par betonetobjets - Publié dans : petite histoire du béton

Présentation

Site internet betonetobjets.com :

Capture d’écran 2011-11-28 à 23.18.35

Recherche

Images Aléatoires

  • Vincent-Ganivet-nuits blanches-2011 8106
  • Look at the boat i built ! Russell Myers / Broom.Milda

Partager

Contact - C.G.U. - Signaler un abus