Vendredi 30 mars 2012
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Les premiers exemples d’utilisation de ciment pour modeler et agrémenter
les jardins remontent à l’époque romaine : que l’on songe au sanctuaire de la villa d’Hadrien à Tivoli, recouvert d’une somptueuse voûte en béton. C’est pourtant au
xixe siècle, avec la redécouverte des matériaux composites, que cette utilisation est le
plus fréquemment associée. La maîtrise de nouveaux procédés industriels et techniques ainsi qu’un besoin de nature maitrisée et modelée par l’homme moderne entrent en effet de plain pied
dans les préoccupations de l’époque.
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C’est Napoléon III qui encourage en premier lieu ce nouveau savoir-faire
des rocailleurs français, également diffusé grâce aux expositions universelles. On trouve des exemples de rocaille dans de grands parcs parisiens issus des réaménagements de la ville à
cette période : les Buttes-Chaumont, Montsouris et Monceau mais aussi le bois de Boulogne, le bois de Vincennes et les Champs-Élysées.
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Le ciment (armé) est alors utilisé massivement pour remodeler le paysage
(surtout aux Buttes-Chaumont). Au lieu de faire venir sur place de lourds blocs de pierre à assembler et tailler on préfère la pierre liquide. On l’utilise alors également pour l’agrément
(petites folies et pavillons, bancs, balustrades en faux bois). On veut alors des jardins pittoresques.
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Si l’aménagement des grands parc de cet époque vous intéresse, ne manquez pas ce petit
reportage-portrait de Jean-Charles Alphand, disponible sur le site de l’INA (L’assiette anglaise – 13 mai 1989) : http://www.ina.fr/art-et-culture/architecture/video/CAB89018974/portrait-alphand.fr.html -
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Comment ça marche ?
« Les rocailleurs composent de
vastes paysages géologiques en recourant aux fers ronds et au fils de fer en guise d’armatures pour les fausses concrétions et les faux bois, en accumulant les couches de ciment et en les
sculptant de plus en plus finement »
Racine, Michel. Jardins « au
naturel ». Arles : Actes Sud, 2001. p.86.
Voici une vidéo produite
par Créacom Amiens de la série « L’art et la matière » disponible sur youtube, montrant le travail d’un artisan : link
Où trouver des informations sur ce sujet ?
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La référence sur le sujet est le livre de Michel Racine : Jardins ‘‘au naturel’’, chez Actes Sud, paru en 2001. (L’auteur a également publié des guides sur les jardins de France chez le même éditeur).
Dans cet ouvrage on trouve un historique clair et complet des styles
« rocailles » et « art rustique » ainsi que des détails techniques précis et ce pour différentes régions françaises, mais aussi quelques pays (Angleterre, Argentine,
Espagne et Italie). Au passage on en apprend plus sur l’histoire du béton et ses différentes applications dans l’art des jardins et du
paysage.
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Voici les liens vers un
site et des articles de blogs utiles pour aborder le sujet :
- Rusticages : faux bois, vraies oeuvres d’art du blog de « A
tous les étages », spécialisé dans la déco.
Cet article vous donne des définitions, un historique et les clés de la technique
utilisée pour ces œuvres en « faux bois ». Le tout est illustré par des photos de rusticage au parc des Buttes-Chaumont et par quelques
œuvres de rocailleurs contemporains.
- Rocailles fin de siècle et poésie des ruines du blog de Jean-Michel Chesné, collectionneur de documents anciens et surtout un amateur d’art brut, artiste lui-même.
Cet article nous présente l’art de la rocaille d’un point de vue plus artistique
et presque sous la perspective de l’art brut puisque, en somme, les maçons rocailleurs étaient souvent formés sur le tas, autodidactes et de vrais créatifs, sculpteurs. Enfin il reproduit des
documents anciens relatifs à cet art, véritables témoignages de cette époque (prospectus publicitaires, cartes postales, photographies, etc.).
Du ciment au naturel
Ce site internet réalisé par un amateur passionné de rocailles, compile de nombreuses photos, mais
donne également des informations utiles, une bibliographie et une webographie.
Mots clés pour vous aider dans vos
recherches :
art rustique, béton rustique, ciment rustique, décors rustiques en faux bois, faux
bois, rocailles, rocailleurs, rusticages, travaux rustiques.
Pour la poésie, quelques photos
d’archives :
L’énigmatique « femme au chapeau rouge » du parc des Buttes-Chaumont,
fonds photographique de la BNF, via Gallica, photographe inconnu :
Et pourquoi pas le début d’une
nouvelle tendance ?
Ce qui est emblématique d’une époque subit fatalement le contrecoup du temps,
comme tout ce qui est à la mode. Cet art rustique fut ensuite largement dédaigné et parfois mal conservé (voire détruit).
On peut toutefois noter que cette aspiration de l’homme (citadin) au pittoresque
et au naturel est tout à fait d’actualité. Pour preuve, en ce qui concerne le ciment ou béton imitant le bois, on trouve aujourd’hui encore des artisans rocailleurs créant des objets. On trouve
aussi des propositions plus contemporaines, qui reprennent pourtant exactement le même principe d’imitation du bois pour la décoration et l’agrément, mais en béton (pour le coût et
l’entretien).
Voici une liste non exhaustive d'exemples :